Les Robertiens sont fortement implantés en Neustrie où deux membres de la famille, Eudes en 888 et Robert Premier en 922 ont régné de manière intermittente.

Avec l’accession au trône de Hugues Capet, en 987, c’est une dynastie qui va naître dont les descendants vont régner jusqu’en 1848. Les maisons de Valois et de bourbon sont, en fait, des branches cadettes de la dynastie capétienne.

L’ancêtre éponyme des Robertiens est un noble franc de Neustrie, Robert Premier de Hesbaye, né vers l’an 700, fils de Lambert de Hesbaye (665- 741), cité comme comte de Hesbaye en 706 et qui était, peut-être un des fils ou petit-fils de Robert, maire du palais de Clotaire Deux.

Cela ferait de Robert l’arrière-grand-père de Pépin le Ber et l’ancêtre de Robert Premier.

Robert est donc à la fois un ascendant des Carolingiens et des Robertiens ou Capétiens.

Robert Premier de Hesbaye, est devenu comte de Worms et d’Oberrheingau et missus royal en Italie, envoyé du roi auprès du pape Etienne Deux. Il était un des proches de Charles Martel.

Ses fils Cancor et Thurimbert se partagent les possessions, suivant la tradition franque, qui reviennent en totalité à Robert Deux de Hesbaye, puis à Robert Trois, père de Robert le Fort qui soutint Charles le Chauve contre son frère, Lothaire Premier.

La dynastie des Robertiens a donc assisté à la décadence des Mérovingiens et des Carolingiens.

Robert de Hesbaye (697-764)
Statue de Saint-Martin à La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

Pourquoi ce nom de Capétiens ?

On ne sait pas pourquoi Hugues était surnommé ainsi. Peut-être une référence moqueuse à sa chape abbatiale, issue de la cappa, ou cape, de Saint-Martin. Hugues était abbé laïc de la collégiale Saint-Martin de Tours.

C’est, en 1030, sois trente-quatre ans après sa mort, que le chroniqueur et compositeur Adémar de Chabannes, (989-1034), a désigné Hugues le Grand sous le sobriquet de roi à la chape.

C’est, pour la première fois, à la fin du douzième siècle que la dénomination de Capétiens apparait sous la plume de l’évêque et chroniqueur anglais, Raoul de Diceto, (1199-1200). Mais c’était une appellation impropre née d’une propagande qui voulait souligner qu’Hugues Capet avait usurpé le trône qui aurait dû revenir à Charles de Lorraine, fils de Louis Quatre d’Outremer. Vers 1180, un moine auxerrois parle de l’homme au chapeau qui, donc, n’a pas pu recevoir la couronne.

C’est une moquerie tardive plus qu’un surnom. Quel nom aurait-on donné à une dynastie née de Charles le Chauve ? Quelle ironie après la dynastie des descendants de Clodion le Chevelu.  

Hugues Capet (941-996)

Hugues Capet sur son trône. Miniature extraite de la Chronique de tous les rois de France.

 « Moi, Hugues, qui dans un instant, vais devenir roi des Francs par la faveur divine, au jour de mon sacre, en la présence de Dieu et de ses saints, je promets à chacun de vous de lui conserver la loi, la justice qui lui sont dus et de vous défendre autant que je le pourrai, avec l’aide du Seigneur, comme il est juste qu’un roi agisse, en son royaume, envers chaque évêque et église qui lui est commise. Je promets aussi de faire justice, selon ses droits, au peuple qui nous est confié. »

Le 3 août 987, Hugues Capet est sacré roi des Francs. C’est la revanche des Robertiens avec l’élection de ce petit-fils de Robert Premier.

Ce fin manœuvre sait s’imposer aux grands en s’alliant avec les vaincus et avec l’Église toute puissante. Même si le domaine royal dépasse à peine Paris, sait asseoir son autorité.

Il place les siens aux postes clés et associe son fils, Robert Deux, au trône ainsi qu’au synode des évêques, asseyant son autorité sur l’Église. Hugues Capet est encore roi des francs et non de France, mais le premier à utiliser l’ancien français et non le germanique.

La Francia occidentalis se trouve désormais définitivement séparée du Saint Empire, chacun des d’eux n’étant auparavant qu’un royaume franc issu de partages entre frères. On l’a vu avec les partages des royaumes de Clovis, Clotaire et Charlemagne.

Désormais, la Francie va se développer autour d’un noyau dur qui sera, plus tard, le Royaume de France.

Robert Deux, le Pieux (972-1031)

Quand il accède au trône en 996, Robert, qui a été associé au trône dès 987 par son père, bénéficie d’une solide instruction sur le plan militaire et politique. D’autre part, il a été l’élève de Gerbert d’Aurillac, (946-1003), futur pape Sylvestre Deux, philosophe, mathématicien et mécanicien. Il a, entre autres, introduit en Europe la numérotation décimale et le zéro.

Le règne de Robert Deux dure presque trente-cinq ans durant lesquels il conquiert le duché de Bourgogne mais il reste surtout connu pour ses déboires conjugaux.

En 988, son père le marie à Rozala d’Italie, qui apporte Montreuil-sur-Mer, point stratégique sur la Manche, le Ponthieu et une possible tutelle sur la Flandre. Elle a trente-huit ans, il en a seize, et ce mariage n’est pas fait pour durer. C’est alors qu’il rencontre la comtesse Berthe de Bourgogne dont il tombe amoureux.

Berthe a cinq ans de plus que lui et est mère de cinq enfants. De plus, elle est l’épouse du comte Eudes de Chartres, Tours et Blois. Qu’à cela ne tienne, Robert déclare la guerre à son mari qui a bientôt la bonne idée de mourir. Il ne lui reste plus qu’à répudier Rozala puis à épouser Berthe.

Hélas, il ignorait que Berthe était sa cousine au sixième degré, ce qui rendait leur relation incestueuse. De plus, il était le parrain d’un des enfants de Berthe et son divorce n’avait pas été admis par l’Eglise. Ces trois obstacles étaient incontournables et son père était opposé à ce mariage.

Le pape convoque alors un concile qui ordonne au roi, sous peine d’excommunication, de quitter Berthe et suspend les prélats qui avaient assisté au mariage.

 

Sceau de Robert le Pieux (vers 997) : Rotbertvs Dei Gratia Francorvm Rex (Robert roi des Francs par la grâce de Dieu) Archives nationales, Paris.
les 2 pouvoirs
L’Excommunication de Robert le Pieux, vue par le peintre Jean-Paul Laurens, 1875, huile sur toile, Paris, musée d'Orsay

Le roi cède. Il ne divorce pas de Berthe, l’union n’ayant pas été reconnue par l’Église. Il se marie alors une troisième fois, en 1003, avec Constance d’Arles, une princesse lointaine, âgée de dix-sept ans.

Constance d’Arles fera l’unanimité de la part des chroniqueurs qui la décrivent comme : « vaniteuse, avare, arrogante, vindicative » et, selon Helgaud de Fleury, moine et chroniqueur de l’abbaye de Fleury, le roi, lui-même, craint sa femme.

Berthe de Bourgogne restera l’unique amour de Robert. Ils se rendent à Rome en 1008 pour implorer en vain le pape de faire annuler ce troisième mariage avec Constance d’Arles soupçonnée d’avoir fait assassiner Hugues de Beauvais, favori du roi qui avait favorisé le retour de Berthe dans le lit royal. Berthe meurt vers 1010, âgée de 46 ans.

A ce sujet : Les relation entre les rois et les papes (Cliquer ici)

Henri Premier (1008-1060)

Le règne d’Henri Premier se déroule dans une ambiance de guerres intérieures, On est entré de pleins pieds dans l’ère féodale.

Sacré roi du vivant de son père, système qui préfigure les règles futures de succession. A peine couronné, il doit combattre son frère cadet, Robert, qui revendique le trône, soutenu par sa mère, Constance d’Arles. Robert est vaincu, et reçoit le duché de Bourgogne et Constance est exilée.

Veuf, Henri épouse la fille de Iaroslav le sage, Anne de kiev, le 19 mai 1051, dans le cadre de sa politique d’élargissement des alliances.

Le onzième siècle est une période de croissance économique, les paysans produisent mieux et plus grâce à l’assolement triennal, des défrichages et le creusement de fossés de drainage et d’irrigation. Ainsi que certaines inventions améliorant l’attelage, collier d’épaule et fer à cheval et la charrue à soc dissymétrique. Ces progrès dégagent de la main-d’œuvre pour d’autres activités. C’est l’ère du renouveau médiéval.

Après les grandes famines de 1005-1006 et de 1032-1033, les rendements des terres cultivées peuvent atteindre jusqu’à cinq ou six pour un. Grâce à l’augmentation de la production agricole, la population devient de moins en moins exposée aux dérèglements alimentaires et, donc, aux épidémies. La mortalité diminue et on assiste à une croissance démographique.

Les paysans commencent à pouvoir revendre leur surplus et deviennent donc intéressés à produire au-delà de ce qui est nécessaire à leur subsistance et aux droits seigneuriaux.

L’utilisation de certains progrès technique, en particulier l’énergie hydraulique pour les moulins, plutôt qu’animale ou humaine, entraîne une tendance à la disparition de l’esclavage, en particulier, dans le Midi, au profit des paysans libres. En effet, un moulin à eau peut moudre cent cinquante kilogrammes de blé à l’heure, ce qui correspond au travail de quarante esclaves. Et, dans certains cas, les propriétaires, ecclésiastiques ou laïcs, investissent dans des équipements améliorant la productivité : Charrues, moulins à eau…

 

Représentation présumée d'Anne de Kiev dans une fresque dépeignant les filles7 (ou les fils8) de Iaroslav de Kiev, cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, xie siècle

Hélas, peu à peu, nait un nouveau pouvoir, la seigneurie banale. Des territoires coupés du pouvoir central qui sont gouvernés par des seigneurs ayant des droits de justice, de police et de commandement, droit de ban. L’effritement des institutions amène à un nouvel usage, celui des coutumes.

La prolifération des guerres personnelles entraîne, à partir de 1020, la prolifération des châteaux privés.

C’est la naissance de seigneuries châtelaines qui vient se superposer aux seigneuries foncières. Les nouveaux propriétaires construisent des fortifications de terre et de bois au centre de leurs domaines qui leur permettent d’asseoir leur pouvoir et de contrôler les terres environnantes.

Philippe Premier (1052 –1108)

Sceau du roi Philippe Ier, Paris, Archives nationales

Philippe Premier est le premier roi d’Europe occidentale à recevoir un prénom qui ne soit pas d’origine germanique mais byzantine. Son règne qui va durer 48 ans, le troisième plus long règne de l’Histoire après Louis Quatorze et Louis Quinze.

Durant son règne, il développe l’administration royale et, pour assurer des revenus à la couronne, dispose des biens de l’Église et vend les charges ecclésiastiques. Il s’emploie à assurer une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine et contient ses vassaux trop puissants. Surtout Guillaume le Conquérantduc de Normandie, devenu roi d’Angleterre en 1066.

Le 22 février 1071, Après sa victoire à Cassel dans le cadre de la succession au puissant comté de Flandre, il fait la paix avec Robert le Frison et épouse Berthe de Hollande (1058-1093).

Mais au printemps 1092, Philippe Premier tombe amoureux de Bertrade de Monfort. Il répudie alors Berthe de Hollande qui lui avait donné cinq enfants et est excommunié à la suite du concile d’Autun en 1094. Il ne cède pas, bien que frappé d’anathème lors du concile de Paris en 1104, et reste avec Bertrade qui lui donnera quatre enfants.

Si ces condamnations ne sont pas sans conséquences dans un royaume où la foi était très forte, le souci pour la papauté était de ménager le puissant royaume franc dont elle tirait des subsides non négligeables et dont elle avait besoin, en particulier pour les croisades. On tentait alors au maximum de trouver des arrangements.

 

En 1107, le pape Pascal Deux se rend à Saint-Denis où il rencontre Philippe et le futur Louis Six. Une alliance contre le Saint-Empire est scellée pour un siècle et le roi resta avec Bertrade. Et ils eurent beaucoup d’enfants.

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