De la réalité de l'existence de Barbe de Verrue.

barbe de verrue trobairitz
Blason du comte de Verrua.

La rencontre avec Barbe de Verrue.

Si vous voulez bien, je commencerai par une petite histoire, celle de ma rencontre avec Barbe de Verrue.

J’étais, comme je le suis toujours, sur la trace des poétesses du moyen-âge. Il y en a qui vont draguer en boite de nuit, moi je le fais aux onze, douze et treizième siècles, chacun ses goûts. C’est alors que je suis tombé, alors que je lisais les : « Chefs-d’œuvre poétiques des dames françaises », de Philippe Busoni, sur le portrait de Barbe de Verrue fait par elle-même. Il ne s’agissait pas d’une œuvre picturale mais d’un poème, plutôt d’une canso, mais je suis immédiatement tombé amoureux d’elle et, tel Jaufré Rudel avec la princesse de Tripoli, j’ai décidé de partir à sa recherche.

Le principal problème auquel je me suis trouvé confronté, c’est que les rares fois où son nom est mentionné, c’est pour la définir comme une pure invention de Clothilde de Surville, une poétesse du quinzième siècle qui, elle non plus, n’aurait jamais existé.

Tomber amoureux d’une femme du treizième siècle, passe encore, mais d’un fantôme du moyen-âge, c’est un peu glauque.

La disparition des archives.

Il convenait donc de m’intéresser d’abord à la réalité de l’existence de Clothilde qui donnait des détails très précis au sujet de la vie de de Barbe de Verrue et assurait avoir recueilli « des fragments considérables » de cette œuvre composée de douze chants.

Mais voilà, toutes les archives ont été soigneusement brûlées en 1798 tandis que le marquis Joseph Etienne de Surville, qui en était le dépositaire, était fusillé. Et puis, l’absence d’archives en ce qui concerne l’époque médiévale est hélas un drame auquel est souvent confronté le médiéviste et, par exemple, d’une production estimée à trente pourcent de celle des hommes au cours de ces trois siècles, il ne nous reste que deux mélodies, celle de Blanche de Castille et de Béatriz de Dia. Après des siècles où les incendies ont fait leur œuvre destructrice, surtout pendant la période révolutionnaire, l’absence ne vaut pas inexistence.

Question de langue.

Mais revenons à nos moutonnes, ou plutôt, à nos poétesses. A ce moment-là, il n’était pas question pour moi d’écrire un livre mais d’endosser la peau de ma belle rousse lors de prestations théâtrales/musicales. Et oui, je sais qu’elle était rousse, « A moltz feust ma cosme ung lyen. ». Je sais que ma traduction n’est pas conforme à celle qui a été faite de ce texte, mais le vers suivant précise : « Ni brune, ni blonde. »… Enfin, quoi qu’il en soit, dans mes spectacles, je suis Barbe de Verrue réincarnée en homme à notre époque et je devais connaître mon personnage.

J’ai donc dû m’intéresser aux langues utilisées dans le portrait et dans les stances, les deux seules œuvres qui nous restent de Barbe de Verrue, ce qui confirme la thèse de la trobairitz itinérante dont le langage évolue en même temps qu’elle change de lieux et d’époque. C’était aussi le cas de Marie de France qui maîtrisait les dialecte anglo-normand et le Breton. Elles ont donc été écrites à une période antérieure, bien qu’elle s’y dise vieillotte qui doit dater de cette période avant qu’elle ne monte vers le nord, et peut donc évoquer cette grande histoire d’amour avec celui que Clotilde appelle Juillard, avec qui elle a une grande différence d’âge : « Bien soye ung tantet je vieillotte, Me duict la cort di jovancels… » Bien que je sois un peu vieillotte, Me fait la cour de jouvencelle. Donc n’ai point regret qu’en fillette M’enlève tout jeune homme encore.

On est bien loin à ce moment du langage utilisé par André Chénier dans ses poèmes de l’Invention, qui ont fait dire à Sainte Beuve que le manuscrit procédait de la même démarche. De plus, à l’époque du marquis Joseph-etienne de Surville on n’aimait pas trop ce langage obscur. Le fameux critique cite cette anecdote dans la revue des deux mondes en 1841 :  » Un autre jour, en plein beau siècle, Louis XIV était indisposé et s’ennuyait ; il ordonna à Racine, qui lisait fort bien, de lui lire quelque chose. Celui-ci proposa les Vies de Plutarque par Amiot : « Mais c’est du gaulois, » répondit le roi. Racine promit de substituer, en lisant, des mots plus modernes aux termes trop vieillis, et s’en tira couramment sans choquer l’oreille superbe. Cette petite anecdote est toute une image et donne la mesure. Il fallait désormais que, dans cette langue polie, pas un vieux mot ne dépassât. « .

Clotilde de Surville.

Car pour prouver l’existence de Barbe de Verrrue je dois prouver celle de Clotilde de Surville et vice-versa. Replaçons-nous donc dans l’ambiance révolutionnaire, misogyne et anti-aristocratique à l’époque où a eu lieu ce débat. Pensez à la manière dont on usat pour traiter Olympe de Gouges. Les temps n’étaient pas favorable pour une véritable analyse objective à l’époque où parut l’œuvre de Clotilde de Surville, comme en témoigne ce jugement très peu littéraire émis par Saine Beuve :
« En était-il sérieusement besoin ? Je ne me pose pas la question. Car, le dirai-je ? ce sont les préventions même qui pouvaient s’élever dans un esprit, héritier surtout de l’école philosophique, contre le marquis de Surville émigré, un peu chouan et fusillé comme tel, ce sont ces impressions justement qui me paraissent devoir se tourner plutôt en sa faveur, et qui me le confirment comme le trouvère bien plus probable d’une poésie chevaleresque, monarchique, toute consacrée aux regrets, à l’honneur des dames et au culte de la courtoisie.  »

 Le marquis de Surville était né en 1755, selon Vanderbourg, ou seulement vers 1760, selon M. Du Petit-Thouars (Biographie universelle) qui l’a personnellement connu ; ce fut en 1783 qu’il découvrit, dit-on, les manuscrits de son aïeule, en fouillant dans des archives de famille pour de vieux titres ; ce fut du moins à dater de ce moment qu’il trouva sa veine et creusa sa mine. Il avait vingt-deux ou vingt-sept ans alors, très peu d’années de plus qu’André Chénier. Or quel était, en ce temps-là, l’état de bien des esprits distingués, de bien des imaginations vives, et leur disposition à l’égard de notre vieille littérature ?

 Le genre marotique, chez Voiture, chez La Fontaine, chez J.-B. Rousseau, avait retrouvé des occasions de fleurir. Refaire après eux du Marot eût été chose commune. L’originalité de M. de Surville, c’est précisément d’avoir passé la frontière de Marot, et de s’être aventuré un peu au-delà, à la lisière du moyen-âge. De ce pays neuf alors, il rapporta la branche verte et le bouton d’or humide de rosée : dans la renaissance romantique moderne, voilà son fleuron. »

Il est cependant très vraisemblable que des corrections et des ajouts maladroits aient profondément altéré la crédibilité de l’ouvrage, ajouté au fait qu’il n’en reste presque plus rien. Mais ce n’est pas étonnant. Il ne nous reste qu’à peine deux-cent soixante dix mélodies composées pendant les douze et treizième siècles par les quatre cent soixante dix troubadours et trobairitz qui y ont exercé, soit à peine le dixième de la production de l’époque, sans compter celle qui n’a jamais fait l’objet de transcription écrite. Et parmi toutes ses musiques, seules deux écrites par des femmes, Béatriz de Dia et la reine Blanche de Castille.

 Le doute sur la réalité de l’existence de Barbe de verrue vient essentiellement du fait qu’on a des  doutes sur celle de Clotilde de Surville qui a écrit sur elle et sur d’autres poétesses françaises, et que cite pourtant le marquis de Sade. C’est alors nier l’existence de Marie de France dont les fables ressemblent étrangement à celle de La Fontaine, écrites plusieurs siècles plus tard, bien qu’on ne soit pas certain de son véritable nom.

D’autre part, il y a la langue utilisée. L’ordonnance de Villers-Cotterets, n’a pas été encore promulguée par François Premier  à son époque mais il est difficile en effet d’imaginer que Clotilde de Surville ait pu faire une telle construction en un siècle où le français était beaucoup plus proche du nôtre. On le constate en lisant certains poètes comme Eustache Deschamps, qui a pourtant vécu près d’un siècle avant elle. Cette constatation est encore plus valable si on considère, ainsi l’a fait Sainte Beuve, que son auteur vivait au dix-huitième. Même aujourd’hui, où la connaissance des différents dialectes du moyen-âge a évoluée, si nous pouvons traduire des textes en français moderne, il est très délicat de faire la manœuvre inverse. Il reste la possibilité d’un « médiéval » créé de toutes pièces. Mais dans le foisonnement des langues vernaculaires de cette époque, je n’ai pas pu trancher.

Les indices.

Je dois aussi souligner que nous possédons des copies des  manuscrits de Barbe de Verrue faits par messieurs Ménard-Saint-Just et Giraud qui en ont fait les traductions en langage moderne. Tous deux ont eu accès aux archives avant l’incendie de la Bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés en 1794. Nous avons donc, in fine, autant d’éléments en faveur de l’existence de Barbe de verrue que d’éléments pour expliquer pourquoi on n’a pas de preuve absolue de son existence.

J’ai donc décidé de commencer mon enquête d’une autre manière, en partant de la biographie de Barbe de Verrue par Clothilde et de la vérifier, points par points, un voyage qui me faisait partir de Brignon, dans le Gard, et descendre jusqu’à Florence en passant par Turin avant de remonter vers la Suisse.

Brignon, le village natal de Barbe de Verrue.

Brignon est, comme l’indique Clothilde de Surville, un village qui a 4000 ans d’existence. Il est positionné sur le flanc sud, d’une colline appelée « Serre de Brienne ». Le site a été occupé dès le Chalcolithique, aux environs de 2000 ans AD, des tessons de céramiques l’attestent. Des traces de cabanes sur les pentes sud de la colline prouvent une occupation humaine du VII au V° siècle AD. Une agglomération positionnée au sommet de la colline, s’étend progressivement sur douze hectares dès le premier siècle AD. Cette ville nommée Briginno, chef-lieu de territoire, faisait partie de la confédération des Volques Arécomiques et non des Brennus, regroupés autour de Nîmes. Les archéologues ont trouvé sur le site une des plus ancienne peinture murale de France, ainsi qu’une habitation comprenant une chambre décorée d’enduits peints et d’un sol mosaïqué.

Même si, il y a quelques confusions car il s’agissait des Volques Arécomiques et nom des Brennus, Brennos étant un de leurs chefs, la plus part des informations sur les lieux et personnages se recoupent et peuvent être vérifiées.

Brennos, que les latins disaient Brennus, variante allophonique de branos, corbeau, avatar du dieu Lugh, constituant dans le monde celtique la métaphore de la souveraineté guerrière. On peut noter l’analogie avec Bran, le jeune prince qui avait débarqué dans l’île légendaire de Tir na n-Og, le paradis des celtes, symbole de la relativité du temps et plusieurs chefs gaulois ont ainsi porté ce nom, dont celui qui envahit Rome en 390 AD et qui appartenait à la tribu des Sénons.

Le village actuel montre de nombreux vestiges du XIIe et XIIIe siècles, l’église, des fragments de mur d’enceinte, les tours d’angles et la tour du Château fort. La famille Lascours, actuellement, Cruvier-lascours existe effectivement. J’ai présumé que le seigneur des lieux était le géniteur de Barbe, ce qui était souvent le cas chez les troubadours qui avaient une certaine culture, savaient lire et écrire, mais pas de statut social.

La vie de Barbe de Verrue selon Clothilde.

Clotilde de Surville évoque un début de carrière et une vie errante dès l’age de cinq ou six ans. Ce n’est pas totalement impossible mais peu probable, et il est probable que son élan lyrique lui ait fait retirer quelques années à la petite Barbe. Par contre, il n’est pas impossible qu’elle ait été remarquée pour la qualité de sa voix en un âge précédant sa puberté, ce qui lui permettait de chanter dans les lieux consacrés, et qu’elle ait suivi un prêtre troubadour, comme Folquet de Marseille, par exemple, bien que dans cette période, il officiait dans L’abbaye du Thoronet. Mais il dut en exister beaucoup que nous ne connaissons pas, puisqu’il paraît que nous ne connaissons que ceux qui n’ont pas existé.     

Le langage très spécifique qu’elle utilise et son évolution dans le temps, entre le portrait et les stances est encore une preuve de l’existence de Barbe de verrue.

Quand Clotilde de Surville évoque « les humiliation incompatibles avec la fierté de son caractère », il peut s’agir d’une déchéance en un rang subalterne, bien que cette analyse soit totalement gratuite de ma part.

L’analyse des autres sources.

Autre hypothèse, elle a pu être recueillie par la Confrérie de l’Arche, œuvre caritative fondée au douzième siècle, probablement la plus ancienne institution de charité, créée en 1189 par Guy de Montpellier et composée uniquement de laïques dans le but d’accueillir les enfants abandonnés, les pauvres et les malades. Il pourrait être celui qui prit soin d’elle ou la fit adopter après la mort du seigneur Lascours. Montpellier n’était pas à plus d’une journée de cheval de Brignon.

C’est l’hypothèse que j’utilise dans la version romancée de la vie de Barbe de Verrue.

Des œuvres de Barbe de Verrue, il ne nous reste à ma connaissance que cet extraordinaire poème où elle se présente et qui nous donne une idée du caractère hors du commun de cette femme et son aptitude à l’auto-dérision et quelques-unes de ses magnifiques stances.

Il est probable qu’elle improvisait la plupart du temps et il n’est pas étonnant, non plus, que l’essentiel de son œuvre ait été brûlée ou perdue. C’est le cas d’une très grande majorité des œuvres des troubadours et des trouvères dont nous ne possédons aucun manuscrit autographe sans douter pour autant de l’existence de Bernard de Ventadour ou de Bertran de Born, et de bien d’autres…

L’instrument dont elle s’accompagnait était sans doute une vielle à roue. Très en vogue à cette époque, le terme vièle ou viole étant plus vague pour désigner des instruments à cordes frottées et ne s’orthographiant pas pareil. On trouve de nombreuses représentations de cet instrument sculptées sur les chapiteaux d’église ou peintes. C’est encore un élément en faveur de Clotilde de Surville, car à l’époque de son lointain descendant, qu’on prétend être l’inventeur de la poétesse, la vielle à roue était plutôt méprisée et on lui eut supposé un autre instrument plus noble mais dont l’utilisation en Europe est postérieure.

Une autre source,  le dictionnaire universel des connaissances humaines, parle d’une harpe, mais aucune source ne vient étayer cette affirmation.

Clotilde de Surville la prétend très prudente et délicate dans le choix de ses hôtes et capable d’une résistance farouche par un silence obstiné qui punissaient les tyrans de sa faiblesse si par hasard on l’entraînait où elle ne voulait pas aller. C’est sous-entendre qu’il lui est arrivé quelques très fâcheuses aventures, même si on ne sait pas sur quels éléments la narratrice se base quand elle relate l’affaire Cesario, ce n’est pas incongru dans cette période. Le viol, très courant en temps de paix comme en temps de guerre, n’était puni que lorsqu’il avait été commis sur des femmes de la haute société ou des religieuses. Et la honte allait en général à la victime, surtout si elle était tombée enceinte, les enfants nés de ces attentats étaient bien souvent abandonnés, à tel point que l’Eglise accepta, dès l’an 600, leur « dépôt » devant les églises

L'histoire de Barbe de Verrue se construit.

On imagine mal qu’une aussi jeune fille ait pu aller ainsi par les routes et on n’a pas de trace de trobairitz dans ce cas même. La plupart étaient de haute noblesse et sédentaires et pratiquement. d’autre part, on n’en sait pas plus sur l’existence de musiciennes itinérantes ou de jongleresses. 

Pour ce qui est de sa réclusion, Clotilde, quand elle évoque l’affaire, parle du seigneur d’Aubesargue au lieu d’Aubussargues dont le bastion se trouve à une centaine de kilomètres de celui de la famille Surville. Rien ne  permet de déterminer si c’est pour ménager ses descendants ou le contraire, car c’est le seul personnage qui ait eu un comportement indigne dont le nom soit cité dans son ouvrage, même si c’est avec une variante orthographique. Au sujet du suivant, elle utilisera le mot de barbare quand elle dit qu’il osa la traiter avec plus d’indignité sans en arrache, ni plainte, ni parole.

Détail intéressant. Guillaume VI de Montferrat chez qui elle arriva à l’age de quatorze ans et restera trente mois, a commencé à quitter ses terres en novembre 1215, ce qui, après un rapide calcul, reculerait la date de naissance de barbe de Verrue en été 1199.

Je n’ai trouvé aucun élément sur la comtesse Roscoli, aucune trace de son existence, d’un lieu ou  d’une famille portant ce nom, mais j’ai remarqué que, dans certains cas, comme lorsqu’elle évoque d’Aubussargues, Clothilde transformait plus ou moins les noms.

Il est aussi significatif que Clotilde souligne la polyvalence des troubadours, qui, connaissaient l’art de soigner et les plantes, c’est aussi un élément qui me semble plaider en sa faveur à une époque où c’était de moins en moins vrai et où on connaissait mal le moyen-âge.

Le patronyme de Verrue.

Et nous en arrivons à l’explication au sujet du nom de famille de celle qui n’était alors que Barbe. C’est ainsi qu’elle arrive à Verrua, ville du Piémont qui appartenait aux marquis de Montferrat, alors, Boniface II fils et successeur de Guillaume VI, Verrua était alors administrée par  l’évêque de Verceil. Plus certainement, Barbe fut adoptée par le comte Scaglia de Verrua, très grande et très ancienne famille de la noblesse piémontaise qui sera très célèbre dans le monde diplomatique et dont un descendant fera construire plus tard le célèbre « Palazzo Scaglia di Verrua » à Turin.  

La preuve par ses contemporains.

Bien sûr, nous avons d’autres sources évoquant Barbe de Verrue. La biographie universelle des musiciens rédigée par Fétis en 1837 indique sa mort en 1230. Cependant, d’autres sources dont la bibliothèque générale des champenois célèbres, indiquent des rencontres avec d’autres personnes qui sont compatibles avec cette période de la vie de Barbe de Verrue, Perrin d’Angecourt, 1245-1270, Jehan Bretel, 1210-1270, Gadifer d’Avion, 1230-1250, Lambert Ferri,1250–1300).

Perrin devait avoir l’estime et l’affection de ses confrères, si nous en jugeons par les jeux-partis, dans lesquels il est pris pour arbitre. Il avait fait ses preuves en amour, en honneur et en poésie, aussi Jehan Bretel , Jehan de Grievillier, Lambert Ferri, Audefroi le Bastard et Gadifer, tous poètes du Nord , remettent à sa décision la solution des questions amoureuses les plus délicates. Sa liaison avec les rimeurs artésiens date de l’époque où il adressait des chansons à Guy de Dampierre, comte de Flandres de 1247 à 1275.

De l’artiste de spectacle à l’héroïne de roman.

Il faudrait un livre pour évoquer tous ces éléments, et ce serait fastidieux car, comme pour les celtes, nous n’aurons jamais de preuves ni de certitudes absolues en tout ce qui concerne les faits et les êtres, les modes d’expression, les idées et les meurs au moyen-âge, nous aurons toujours de grands débats contradictoires ou chacun croira avoir la vérité, mais c’est peut-être ça qui rend cette période de notre histoire si fascinante.

J’ai donc décidé d’écrire une fiction, une vie romancée de Barbe de Verrue, à partir d’éléments que j’avais vérifiés, d’autres, incontrôlables ou parfois créés. Mais qu’importe, l’important n’est-il pas de faire revivre cette magnifique poétesse en vous faisant passer un bon moment ? Je m’y suis employé et j’espère y avoir réussi. 

Belle et poète, a deux petits travers

Elle fait son visage elle ne fait pas ses vers.

Lebrun-Pindare

 

Vous souhaitez en savoir plus sur la vie de Barbe de Verrue ?

Lisez mon roman historique.

Source principales de documentions sur Barbe de Verrue.

Archives de la bibliothèque d’Oxford.
Site de généalogie nobiliaire du Piémont.
Chefs-d’œuvre poétiques des dames françaises depuis le XIIIe siècle jusqu’au XIXe siècle.
Paris, Paulin, 1841.
Dictionnaire universel des connaissances humaines…. Tome 3 / sous la direction de B. Lunel.
Lacroix-Comon et  Magiaty (Paris) 1857-1859.
Revue des deux mondes 1841.
Articles de Sainte Beuve.