Les Pippinides et les Arnulfiens

Depuis l’avènement de Clovis en 481, les tribus franques qui déferlaient sur les anciens territoires romains de la Gaule y ont créé un ensemble de royaumes à géographie variable.

L’Austrasie, la Neustrie, la Burgondie l’Aquitaine. Soit une bonne partie de la France actuelle, sauf la Provence, la Belgique et une partie ouest de l’Allemagne. Ces royaumes font partie d’une sorte de fédération, puissante, unifiée et structurée avec son réseau d’alliance, ses lois et sa monnaie. Cet ensemble se scinde au gré des successions ou se regroupe sous une même autorité.

Pourtant, le septième siècle est marqué par des querelles sanglantes entre neustriens  et austrasiens (au nord-est). Les derniers rois mérovingiens parviennent difficilement à s’imposer à leur aristocratie. La puissance foncière assure une influence grandissante à certaines grandes familles à leurs dépens.

Ainsi, depuis la mort de Dagobert en 630, et sauf pendant la régence de Bathilde de 657 à 659, le pouvoir réel est exercé par les maires de palais.  Les maires de palais, hauts dignitaires, qui étaient à l’origine de simples intendants du roi dans son palais, vont s’affronter dans de sanglantes querelles. Ils vont étendre progressivement leur pouvoir et leurs fonctions, à partir du septième siècle, jusqu’à se trouver en mesure de déposer les rois.

Saint Arnoul, fondateur de la dynastie des Arnulfiens. Vitrail de la chapelle Sainte-Glossinde à Metz

Ega, Erchinoald, Leudesius, sont maires du palais de Neustrie.

Mais c’est surtout en Austrasie que tout va se jouer. Les maires d’austrasie vont prendre progressivement le pas sur ceux de Neustrie à la tête des francs. On ne parle pas, alors, d’un royaume, d’un Etat, mais de rois du peuple. Rex Francorum, rois des francs. 

De véritables dynasties de maires de palais y sont nées :

  Les Pippinides, de Pépin, et les Arnulfiens, d’Arnoul de metz.

Les Pippinides, qui prétendent descendre de Francus, un Troyen légendaire, vont s’affirmer peu à peu et seront les rois carolingiens.

Vers 630, le mariage d’Ansegisel fils d’Arnoul de Metz épouse Begge d’Andenne fille de Pépin de Landen, scelle l’alliance entre la famille des Arnulfiens et celle des Pippinides.

C’est surtout après la mort de Wulfoald, fidèle conseiller et tuteur de Childéric Deux, roi des francs d’Austrasie, en 676, que le clan des Pippinides va pouvoir s’affirmer.  

Dès le deuxième quart du septième siècle, un certain Pépin de Landen s’empare de la mairie du palais d’Austrasie. Son petit-fils Pépin de Herstal et surtout son arrière-petit-fils Charles Martel exercent la réalité du pouvoir, respectivement de 690 à 714 et de 717 à 741. Charles Martel va même jusqu’à se passer de roi de 737 à sa mort en 741.

Son fils Pépin le Bref ne rappellera un roi mérovingien, Childéric Trois, en 743, que pour le détrôner publiquement en 751, avec l’aval du pape Zacharie.

Durant ces deux derniers siècles, la culture latine a progressivement régressé. Une crise économique sans précédent a mis à mal l’ensemble des repères de l’Occident antique. Elle est notamment due à la fermeture des routes commerciales avec le monde méditerranéen à cause des conquêtes arabes.

La fin de dynastie mérovingienne peut s’ouvrir sur une nouvelle ère, celle qui nous conduira à l’époque moderne et fera naître le Royaume de France.

Charles MARTEL (688-741)

Charles Martel peut être considéré comme le premier roi de la dynastie des carolingien, à qui il a donné son nom. Même s’il n’a pas été couronné, il a régné sans partage de 737 jusqu’à sa mort en 741.

Il était le fils de Pépin de Herstal, (645-714), maire du palais d’Austrasie et d’Alpaïde, la seconde épouse de ce premier.

La mairie était devenue héréditaire, comme la couronne mais sa prise de pouvoir ne fut pas aisée pour autant. Plectrude, la première épouse de son père, étant toujours vivante, il pouvait être considéré comme illégitime mais la polygamie était encore possible dans la culture franque, même si condamnée par l’Église, et ses deux demi-frères étaient morts.

Plectrude fit enfermer Charles pour l’écarter du pouvoir qu’elle réservait à son petit-fils, Théodebald, tandis qu’elle assurait la régence, mais les provinces du royaume, qui n’acceptaient pas de voir une femme les diriger se révoltèrent tandis que Charles, qui avait réussi à s’évader, prenait leur tête. Plectrude, vaincue, sera enfermée dans un couvent.

« Avec la matrone Plectrude, il décida de reprendre les trésors de son père, puis il récupéra son royaume à la tête duquel il plaça un homme nommé Clotaire. Chilpéric et Ragenfred réclamèrent l’aide du duc Eudes. Celui-ci lança une armée contre Charles Martel. Mais Charles Martel intrépide, lui courut dessus. Eudes prit la fuite entrant dans la ville de Paris et allant au-delà de la Loire avec Chilpéric et ses trésors. Charles Martel le poursuivit mais ne parvint pas à les rattraper…. »* 

* Extrait du chapitre 53 du « Livre de l’histoire des francs » (727)

Charles Martel, Grandes Chroniques de France. BL Royal MS Royal 16 G VI f. 118v.

Arrivé au pouvoir, Charles Martel renforce son pouvoir et installe Clotaire IV sur le trône. Puis, il tente de reprendre le contrôle du Royaume franc, affrontant la Neustrie et repoussant ses largement les frontières vers l’est jusqu’à ce qui est, de nos jours, l’Autriche et les Pays-Bas.

En 732, le duc Eudes d’Aquitaine, qui avait déjà vaincu les mahométans à Toulouse, demande son aide. Charles Martel arrête alors la progression des mahométans près de l’actuelle Vouneuil-sur-Vienne, bataille de Poitiers. Il les oblige à se replier vers Narbonne, mais la guerre se poursuivra jusqu’en 739 et Narbonne ne sera reprise qu’en 759 par son fils, Pépin le Bref. C’est là qu’il aurait gagné son surnom de Martel, marteau, le marteau d’armes étant aussi une arme de combat.

Cette épopée a largement contribué à unifier le Royaume franc.

Elle renforce aussi le pouvoir de Charles Martel qui en profite pour réorganiser l’armée.

Les armées franques étaient des milices composées de fantassins, d’hommes libres qui s’équipaient à leurs frais. C’étaient des armées difficiles à réunir et lentes à se mouvoir.

Charles Martel prend exemple sur les arabes et crée une cavalerie capable de se porter rapidement au-devant de l’ennemi.

Cette création va avoir des conséquences sociales.

En effet, les hommes doivent désormais élever des chevaux robustes et entretenir un équipement beaucoup plus onéreux. De plus, il leur faut s’entraîner.

En échange, Charles Martel va distribuer des terres en échange de l’obligation de répondre à toute réquisition et les lier par un serment de fidélité.

Gisant de Charles Martel dans la basilique Saint-Denis.

Pépin le Bref (714-768)

Pépin le Bref couronné par le pape Étienne II tandis que Childéric III est déposé. Enluminure des Chroniques de Saint-Denis, Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 782, fo 107 ro, XIIIe siècle.

Fils de Charles Martel, ses enfants héritent de la charge de maire de palais à sa mort en 741. L’aîné, Carloman, de l’Austrasie, Pépin de la Neustrie, et Griffon, de quelques comtés.

En 743, les deux frères libèrent Childéric III du monastère où il avait été enfermé mais gardent le pouvoir.

Mais en 747, Carloman choisit la vie monastique et cède la mairie d’Austrasie à son fils Drogon sous la régence de Pépin. Pépin est alors maître de tous les royaumes francs. 

Dès lors, il cherche à obtenir l’appui de l’Église (du Pape) et de l’aristocratie. Il posera une habile question au pape Zacharie : « les rois n’exercent plus le pouvoir dans notre royaume, est-ce un bien ou un mal ? »

Ce dernier lui répond qu’il vaut mieux appeler roi celui qui exerce le pouvoir véritablement afin que l’ordre ne soit pas troublé.

Fort de cette réponse, en novembre 751, Pépin dépose Childéric III, puis se fait élire roi des Francs, au champ de mai à Soissons.

En se faisant acclamer par une assemblée d’évêques, de nobles et de leudes, grands du royaume, Pépin devient le premier représentant de la dynastie carolingienne.

   La prise de pouvoir de Pépin se passe, pour une fois, sans effusion de sang. Après avoir été déposé, Childéric Trois est tonsuré. Il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs, et va finir ses jours enfermé au monastère de Saint-Bertin, près de Saint-Omer.

À Soissons, l’évêque Boniface, son conseiller diplomatique, le sacre au nom de la sainte Église catholique. Le sacre est la nouveauté apportée par les Carolingiens, inspiré par l’Ancien Testament où Saül est oint du Saint Chrême par Samuel puis à sa suite David. Sacre déjà repris par les Wisigoths en Espagne un siècle plus tôt.

     Le roi est alors « un nouveau David », à la fois roi et prophète, ce qui mènera à la théocratie royale, le gouvernement des hommes par le père terrestre à l’image du Père Céleste, le pouvoir spirituel et temporel en un seul homme à la foi évêque de l’intérieur et de l’extérieur. C’est la monarchie de droit divin qui est née.

    En 768, Charles, fils de Pépin le Bref et de Bertrade de Laon, dite Berthe au grand pied partage le royaume avec son frère Carloman. La mort de ce dernier lui permet de réunifier le royaume. Il consolide les rapports vassaliques par des serments de fidélité. Il va alors se lancer dans une série de conquêtes et d’opérations militaires contre les saxons, les lombards et les musulmans. Il reprend l’Aquitaine. Il consolide les positions aux frontières avec la Germanie en se faisant reconnaître duc de Bavière.

Il entreprend une réforme monétaire, uniformisant le poids et l’aspect du denier d’argent franc. Mais la marque de l’autorité royale ne figurera systématiquement sur la monnaie qu’à partir de 793, sous Charlemagne.

Pépin s’intéresse à la culture et au savoir grecs. Le pape Paul Premier lui confie des livres liturgiques, des manuels de grammaire, d’orthographe, de géométrie, des œuvres d’Aristote.  

Le monastère de Saint-Denis devient le centre de la culture carolingienne naissante. 

Statue Pépin de Herstal sur le monument Charlemagne © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam

Charlemagne (742-814)

Denier impérial en argent de Charlemagne, inspiré des romains. Figure le profil imberbe,, le front ceint de lauriers, le buste couvert du paludamentum. Cabinet des médailles, BnF, Paris.

A la mort de Pépin, le 24 septembre 768, le royaume est partagé entre les deux frères. Les territoires attribués à Charlemagne forment un arc occidental de la Garonne au Rhin, ceux de Carloman sont regroupés autour de l’Alémanie. L’Austrasie, la Neustrie et l’Aquitaine sont partagées entre eux. Mais, en 771, après trois années de paix relative entre les deux frères, Carloman meurt. Charles s’empare de son royaume, usurpant l’héritage de ses neveux. Il est désormais souverain de tout le royaume franc.

Le royaume des Francs comporte alors l’Austrasie, la Neustrie, la Burgondie, la Provence, l’Alémanie et des territoires semi-autonomes : l’Aquitaine, la Bavière et la Frise.

Charlemagne abandonne la frappe de l’or devenu trop rare en Occident. Il n’y a plus que des monnaies argent. En 781, Charlemagne fixe le rapport entre les monnaies.

La livre est divisée en vingt sous valant douze deniers. Mais, jusqu’au treizième siècle, seul le denier est une monnaie réelle. La livre et le sou sont des monnaies de compte.

Pour favoriser le commerce, il fait entretenir les routes et crée des foires. Les prix sont fixés au capitulaire de Francfort en 794.

N’ayant d’autre ressources que les revenus de ses domaines privés, Charlemagne dut faire appel aux Grands pour financer son administration. La puissance de la noblesse ne pouvait alors que s’agrandir aux dépens de l’État. Pour parer à ce danger, il exigea que les comtes lui prêtent un serment de fidélité au moment de leur entrée en fonction. C’est le début de la féodalité, le noble devenant, en quelque sorte, un vassal du roi.

Charlemagne, qui a considérablement élargi les territoires francs est sacré empereur d’Occident le 25 décembre de l’an 800, à Rome, par le pape Léon Trois.

La carte à droite marque l’extension de l’Empire carolingien sous Charlemagne depuis la mort de Pépin le Bref 768, partie en bleu.

Les conquêtes de Charlemagne sont en couleur saumon.

En jaune, les états versant un tribut.

La naissance d'une culture.

Rabanus Maurus, à gauche, et Alcuin, au milieu, présentent leur travail à Otgar de Mayence

La population, même au plus haut niveau de la noblesse, était pratiquement illettrée.

C’est avec Charlemagne que cette situation changea. Il avait reçu une éducation supérieure à ses prédécesseurs, il connaissait le latin et le grec et avait aussi des notions en mathématiques et en astronomie.

L’empire carolingien s’étant intellectuellement appauvri après des siècles d’instabilité politique et de saccage des monastères, où se trouvaient les livres, sources du savoir, Charlemagne dut faire appel à des enseignants venus des pays anglo-saxons ou de Lombardie.

Alcuin d’York, (730 -804), était un savant et religieux anglais. C’était l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne, et un artisan important de la Renaissance carolingienne des huitième et neuvième siècle. Il fut à la tête de la plus grande école de l’Empire carolingien :

L’Académie palatine : Charlemagne a mené de grandes réformes et il fut un des premiers défenseurs d’une identité européenne s’appuyant sur la civilisation antique plutôt que sur les héritages barbares. L’historien Eginhard le tient pour l’homme le plus savant de son temps. Charlemagne fait appel à lui en 782 afin qu’il révise les textes religieux présents en Gaule afin de fournir à l’Église des membres éduqués et maîtrisant les différentes disciplines religieuses.

Charlemagne ordonna que dans les monastères et églises soient créés des écoles et des ateliers de copie des textes religieux. Ce n’est pas encore l’école telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais nous en sommes très proches.

Dans l’Admonitio generalis en 789, Charlemagne étend l’éducation aux enfants de toutes condition et même aux laïcs, mais son fils, Louis le Pieux, reviendra sur cette décision en 817 pour réserver les écoles aux oblats, c’est-à-dire aux enfants destinés à la cléricature.

Très rapidement, les Francs font revivre le passé latin à Aix-la-Chapelle, où Charlemagne avait établi sa cour, qui fut appelée la Rome nouvelle par Alcuin tant les arts et la poésie y foisonnaient. De nombreux clercs et dignitaires qui y venaient, étaient tellement impressionnés qu’ils n’hésitaient pas, au retour dans leur fief, à imiter Charlemagne. Ainsi, à partir de cette impulsion religieuse, l’Empire carolingien allait initier un véritable renouveau intellectuel et littéraire à travers tout le territoire.

Bien que les héritiers de Charlemagne aient été nettement moins portés sur l’éducation, l’œuvre intellectuelle et littéraire ne disparut pas. Relayés par les monastères et les églises, cet âge d’or de l’époque carolingienne dura plusieurs siècles.

Encore aujourd’hui, la plupart des livres latins présents en Gaule ne nous sont parvenus que par l’action de Charlemagne. Sans lui, tout un pan de l’histoire de France aurait été perdu. Et c’est aussi à cette époque qu’apparaissent les premiers ouvrages écrits en français, en langue d’oc, pour être plus précis. 

Louis Premier, dit le Pieux, (778-840)

Louis I
Miniature contemporaine de l'école de Fulda datant de 826 représentant Louis le Pieux. Liber de laudibus Sanctæ Crucis, par Raban Maur. Codex Vaticanus Reginensis latinus 124.

Louis, dont le prénom, d’origine germanique dérivé de Clovis, le prénom germanique Hlodovic, hlod (renommé, illustre, glorieux) et wig (combat). Au fil des siècles, le Hlodovic devient Chlodowig, ou Clovis, Clodovico, en latin, qui donne Ludovicus, francisé en Ludovic puis en Louis. Il sera le prénom de vingt rois, en comptant Louis XX, l’actuel prétendant au trône.

Louis Premier est le sixième enfant et le quatrième fils de Charlemagne ; le cinquième enfant et le troisième fils de sa seconde épouse, Hildegarde de Vintzgau.

Son frère jumeau, Lothaire, meurt à l’âge de deux ans. Ses aînés, Pépin, dit le Bossu (768-811), compromis dans une conspiration contre son père, a été enfermé en 792 dans l’abbaye de Prüm.

Les deux autres sont morts avant leur père : Charles dit le Jeune en 811 et Pépin d’Italie en 810.

A la mort de Charlemagnes, âgé de plus de 70 ans, Louis, déjà roi d’Aquitaine, devient roi des francs.

Il va devoir faire face aux incursions scandinaves, ou vikings, qui avaient commencées en 799 sous le règne de Charlemagnes et vont s’intensifier à partir de 830. Et aux révoltes des aristocrates.

Il a, malgré tout, complété les conquêtes de son père en mettant fin aux incursions arabes en Provence.

Ce roi, surnommé le pieux, a fait crever les yeux de son propre neveu, le roi Bernard d’Italie, qui avait pris les armes contre lui. Mais Louis a fait une pénitence publique en 822.

En vérité, ce surnom est lié à sa politique religieuse, plus favorable à L’Eglise que celle de son père. Louis réforme les monastères et laisse une certaine indépendance politique au pape, respectant le patrimoine de Saint-Pierre et n’intervenant pas dans les élections pontificales.

 

Louis Premier a déjà trois fils, Lothaire, Pépin et Louis quand il épouse Judith de Bavière, (797-843), en secondes noces.

De ce mariage naîtra un fils, le futur Charles Deux, dit le Chauve, en 823, sera à l’origine d’une guerre fratricide qui aboutit, à la mort de Louis, en 840, à un nouveau partage de l’Empire.

Charles Deux, dit le Chauve (823-877)

Encore une fois, c’est une succession qui se passe mal. Mais il ne pouvait guère en être autrement. Déjà, dix ans auparavant, en 830, du vivant de leur père, Lothaire avait entraîné ses deux frères, Louis le Germanique et Pépin Premier d’Aquitaine contre leur père. 

Mais Louis le Pieux bénéficiait alors de l’appui non négligeable des évêques. Après la défaite des enfants rebelles, tout était rentré dans l’ordre et l’empereur avait retrouvé son trône.

A la mort de Louis le Pieux, en 840, c’est de nouveau la guerre entre les enfants d’Ermengarde de Hesbaye, première épouse de Louis et Charles, fils de Judith de Bavière qu’il avait épousée en 819.

C’est que le bouillant Lothaire, fils ainé de Louis le Pieux, veut exclure ses frères du partage de l’Empire. Charles s’allie avec son demi-frère, Louis le Germanique, et ils remportent la bataille de Fontenay-en-Puisaye, en Bourgogne, le 14 février 842.

Le traité de Verdun, en 843, met fin au conflit et l’empire est partagé en trois royaumes de taille comparable :

     Lothaire reçoit la Francia media, qui deviendra la Lotharingie.

     Louis le Germanique reçoit la Francia orientalis ou Germanie.

     Charles le Chauve garde le titre d’Empereur d’Occident, même si l’empire est morcelé. Il reçoit la Francia occidentalis, origine du royaume de France.

Moulage du sceau de Charles II le Chauve, roi de France. Archives Nationales Cote SC/B1.
Enluminure représentant Charles le Chauve avant 869, Psautier de Charles le Chauve, BnF, Département des Manuscrits.

Cinq ans plus tard, le 6 juin 848, Charles le Chauve, sera élu puis acclamé par les grands du royaume et sacré dans la cathédrale d’Orléans.

La guerre avec ses frères à peine résolue, commence un conflit avec la Bretagne.

Le pouvoir franc tente d’imposer son autorité sur la Bretagne depuis Childéric (436-481) et dispose dans la péninsule d’évêques acquis à son autorité.

Missus dominicus ducatus, duc de Bretagne, pour simplifier. Nominoë, a prêté serment de fidélité au roi des francs. Mais il veut émanciper la Bretagne dont il devient souverain après sa victoire lors de la bataille de Ballon à Bains-sur-Oust le 22 novembre 845.  

En avril 849, Nominoë réunit à une assemblée de notables à Coët Louh, non loin de Vannes, et fait condamner des évêques pour simonie.

C’est le début d’une nouvelle guerre au cours de laquelle les bretons s’emparent de Rennes et de Nantes. Après la victoire sur Charles le Chauve lors de la bataille de Jengland en 851, le traité d’Angers accorde à Erispoë, successeur de Nominoë, les comtés de Rennes et Nantes et le pays de Retz, et lui reconnaît le titre de roi en échange de l’hommage.

En 867, sous le roi Salomon de Bretagne, Charles le Chauve concèdera à la Bretagne la péninsule du Cotentin et l’Avranchin.

En plus de ces deux guerres, Charles le Chauve doit faire face aux raids des vikings qui arrivent trois fois jusqu’à Paris.

Sur le plan politique et social, Charles le Chauve est à l’origine de la féodalité. C’est lui qui, en 847, promulgue le capitulaire de Meerssen qui marque le début de la féodalité en invitant tout homme libre à se choisir un seigneur, que ce soit le roi ou un autre seigneur.

En 864, par l’édit de Pîtres, il crée la monnaie de Paris.

Les deux frères. (877-884)

Le fils de Charles le Chauve, Louis II le bègue, (846-879), ne régnera pas longtemps, juste un an et demi. Son bégaiement rend difficile l’assise de son autorité royale.

En 856, son père négocie avec le roi de Bretagne, Erispoë, les fiançailles de Louis avec une de ses filles, dont le nom n’est pas parvenu jusqu’à nous. Mais ce mariage déplait fortement aux bretons et Erispoë est assassiné l’année suivante sur l’autel de l’église de Talensac par Salaün qui sera un des plus grands rois de Bretagne.

Louis va alors épouser Ansgarde de Bourgogne sans le consentement de son père. La légende veut qu’il l’aurait fait enlever d’un couvent.

De ce mariage il aura deux fils qui régneront conjointement, cas unique dans l’Histoire de France, Louis III (864-882) et Carloman II (867-884), mais qui mourront jeunes et sans descendance. Louis III se fracasse le crâne contre le linteau d’une porte trop basse et tombe de cheval alors qu’il poursuivait la fille d’un certain Germond, courue se réfugier chez son père. Carloman tué lors d’une chasse au sanglier.

 

Le couronnement de Louis II, enluminure du XIVe siècle.

En vérité, l’empire est partagé selon la tradition franque. Louis reçoit la Neustrie et l’Austrasie tandis que Carloman obtient l’ouest de la Bourgogne, l’Aquitaine et la Septimanie, large bande de terre s’étendant de l’actuelle Arles à Gerona.

Pourtant, face aux nombreux problèmes qu’ils doivent affronter, les deux frères vont s’entendre. C’est que les vikings, arrivés jusqu’à la Vienne, sont une menace constante sur tout le royaume. Ensemble, les deux frères vont négocier la neutralité de leur cousin Louis le Jeune, à qui ils cèdent une partie de la Lotharingie au traité de Ribemont en 880.

Ils doivent aussi lutter contre Boson, leur grand-oncle, qui qui s’est fait élire roi du royaume restauré de Burgondie. Les troupes de Boson sont vaincues lors de la bataille de Crêches-sur-Saône et le carolingiens récupèrent le comté de Mâcon.   

Enfin, ils peuvent se tourner contre les vikings et remportent une éclatante victoire le 30 novembre 879, puis en août 881, à la bataille de Saucourt-en-Vimeu où près de 8 000 Vikings périssent.

Hélas, le 5 août 882, Louis Trois meurt à 18 ans. Carloman II devient le seul roi de Francie occidentale, le royaume que reçut Charles le Chauve en 843, lors du partage de Verdun, et qui comprend la Neustrie, l’Aquitaine, la partie ouest de l’Austrasie et le nord de la Bourgogne.

Charles le Gros (839-888)

Ni Carloman, ni Louis n’ont eu d’enfants. A la mort de Carloman, en 884, Charles, le dernier fils de Louis Deux, n’a que cinq ans. Or, il faut un régime fort alors que les Vikings attaquent de nouveau le territoire de la Francie, Neustrie, Aquitaine et ouest de l’Austrasie. Les grands du royaume font donc appel à Charles Trois le Gros pour assurer la régence.

Charles Trois est le troisième fils et cinquième enfant de Louis Deux de Germanie et petit-fils de Louis Premier le Pieux. Il a hérité de l’Alémanie puis, de la moitié nord de l’Italie et de la Lotharingie. C’est dire si, avec la Francie occidentale, il règne sur un immense territoire. C’est quasiment l’empire de Charlemagnes qui est reconstitué quand il reçoit le serment d’allégeance des Grands Vassaux du royaume franc en juin 885.

Hélas, alors que les vikings envahissent la Neustrie et menacent Paris, Charles le Gros, arrivé à la tête d’une puissante armée, reste indécis puis décide de traiter avec eux, leur permettant de mettre à sac la Bourgogne puis leur payant une rançon.

En novembre 887, Charles est déchu de ses titres.

Obèse, épileptique et fou, après avoir subi une trépanation en février 887, meurt sans héritier le 12 janvier 888.

 

 

L'empire Carolingien en 887

Eudes (852-898)

Couronnement du roi Eudes. Enluminure ornant les Grandes Chroniques de France, XIIIe siècle.

Le 29 février 888, les Grands de Francie Occidentale élisent un nouveau roi.

Il s’agit d’Eudes, qui a été fait comte de Paris en 882 puis Marquis de Neustrie en 886 à la suite de la mort d’Henri de Babenberg, tué lors du siège de Paris. Eudes est considéré comme le héros de ce siège et jouit d’un grand prestige.

Eudes continue sur sa lancée et remporte deux victoires sur les Vikings, une première, le 24 juin 888, dans la forêt de Montfaucon d’Argonne et  une seconde, en 892, près  de Montpensier en Limagne. Il ne parvient cependant pas à éviter les sacs de Meaux, Troyes, Toul, Verdun, Evreux et Saint-Lô et doit verser d’importantes sommes, danegeld, ou tribut que devaient verser les populations pour être épargnées.

Durant ses dix ans de règne, sa légitimité est toujours contestée et il ne réussit à établir son autorité royale que sur les régions situées entre Loire et Seine.

Dès le début de son règne, du fait de l’opposition du comte de Poitiers, tuteur du futur Charles Trois et de l’archevêque de Reims, il doit se faire couronner une seconde fois, mais avec les attributs du sacre, manteau, couronne et sceptre.

 

Au début, il dispose de l’appui des Grands mais ceux-ci aspirent de plus en plus à prendre leur indépendance et s’inquiètent de la volonté d’Eudes de rétablir l’autorité royale.

D’autre part, le 28 janvier 893, Charles Trois a été sacré par l’archevêque de Reims. Désormais, le royaume a deux rois.

Charles Trois, le Simple (879-929)

Si Charles le Simple porte ce surnom, ce n’est pas qu’il soit simplet, ce qualificatif était alors plutôt positif : honnête, sincère, pur. Il porte le numéro Trois du fait que Charles le Gros n’a été considéré que comme le régent de Charles Trois le Simple par ceux qui ont effectué ce classement, plusieurs siècles après.

C’est Saint-Louis qui va faire établir un catalogue des rois identifiés dans les chroniques par leurs surnoms. La numérotation des rois apparait donc à partir de cette époque, mais certains rois ont été oubliés ou rajoutés dans le classement. 

On pourrait croire qu’après la mort d’Eudes, la situation de Charles Trois est plus simple. Mais non ! Et pour comprendre, il faut remonter un peu dans l’Histoire.

Le Premier mars 862, Louis Deux, le Bègue, avait épousé Ansgarde de Bourgogne. De ce mariage sont nés cinq enfants dont les futurs rois Louis et Carloman, et trois filles, Gisèle, Hildegarde et Ermentrude. Mais comme ce mariage avait été contracté contre l’avis de Charles Deux le Chauve, ce dernier avait obligé Louis à répudier Ansgarde.

Charles avait épousé Adélaïde de Paris, mais les autorités ecclésiastiques avaient refusé de légitimer cette nouvelle union de même et le pape, Jean Huit, n’avait pas couronné Adélaïde.

Voilà un motif tout trouvé pour les grands pour contester la légitimité de Charles Trois. Bien, qu’en vérité, ils ne cherchent qu’à affaiblir le pouvoir royal pour asseoir leur puissance, ce qui sera une constante jusqu’à ce qu’ils réussissent, en 1789.

Le frère d’Eudes, Robert, et ses alliés, les ducs Giselbert de Lotharingie, Raoul de Bourgogne, ainsi que les comtes de Francie, fomentent un soulèvement qui éclate en 922. Charles, dont l’armée a été dispersée à Laon, doit se réfugier en Lotharingie. Profitant de son absence, les insurgés proclament sa déchéance et le roi Robert Premier (860-923) est élu et sacré dans la foulée, le 30 juin 922.

Mais Charles a rassemblé une armée et, le 15 juin 923, lors de la bataille de Soisson, Robert est tué après moins d’un an de règne.

Il n’est pas tiré d’affaire pour autant. Durant la bataille, les Robertiens acclament le duc Raoul de Bourgogne, son gendre tandis que Charles doit de nouveau fuir en Lotharingie.

 

Enluminure du XIVe siècle représentant l'emprisonnement de Charles III.

Raoul en profite pour se faire couronner roi dans l’abbaye Saint-Médard de Soissons, le 13 juillet 923. Quatre jours plus tard, Herbert Deux de Vermandois, attire le roi Charles avec une troupe peu nombreuse dans un guet-apens. Charles, fait prisonnier, meurt le sept octobre 929 après six ans de captivité.

Raoul (890-936)

Raoul, roi des Francs (enluminure du XIVe siècle)

A la brève dynastie des Robertiens, succède celle des Bivinides. Raoul, qui va être roi des francs durant douze ans et demi, est en effet le petit-fils de l’énigmatique abbé Bivin de Vienne, sans doute le fils de Boson d’Arles.

En 921, il succède à son père comme duc de bourgogne, comte d’Auxerre, d’Autun et d’Avallon… Il épouse la fille de Robert Premier et est élu roi de Francie.

Pour ne pas changer, il connait des difficultés avec les Grands mais réussit à s’imposer et à consolider le pouvoir royal.

En 925, il rassemble une grande armée pour combattre les vikings et remporte à Eu une grande victoire. Mais il est défait, l’année suivante, à la bataille de Fauquembergues. Au cours de cette bataille, le comte Helgaud de Ponthieu est tué, et Raoul est grièvement blessé.

En 935, il arrête les hongrois, nouveaux envahisseurs venus de l’Est.

Après un règne difficile, marqué par de nombreux conflits, il meurt en janvier 936, sans héritier, son fils unique étant mort deux ans plus tôt.

Edwige de Wessex

C’est finalement grâce à une femme, la seconde épouse de Charles le Simple que la couronne revient aux Carolingiens. Lorsque son mari est capturé et fait prisonnier Edwige s’enfuit chez son père, Édouard l’Ancien, roi de Wessex et d’Angleterre, et fait élever son fils dans sa propre famille Fille. En 936, elle revient en France où son fils a été rappelé sur le trône sous le nom de Louis IV d’Outremer, (920-954)

Edwige d’Essex se retire ensuite comme abbsesse laïque à l’abbaye Royale Notre-Dame où elle épouse, hasard du destin, Herbert le Vieux, fils de Herbert II de Vermandois, le fils du geôlier de son premier mari.

Louis Quatre d’Outremer (920-954)

Denier de Louis IV frappé à Chinon.

Louis vit ses premières années à la cour de son grand-père maternel, Edouard l’Ancien, puis à celle de son oncle Æthelstan, le premier roi anglo-saxon dont l’autorité s’étend sur toute l’Angleterre.

A la mort de Raoul, il est appelé à prendre sa succession par Hugues le Grand, duc des francs et père d’Hugues Capet. Son oncle Æthelstan, ayant reçu le serment des ambassadeurs de Hugues et la confirmation que le futur roi aura l’allégeance de l’ensemble de ses vassaux, l’autorise à partir en Francie avec quelques évêques et quelques fidèles.

Il est vrai qu’il avait quelques motifs de s’étonner que le tout puissant duc n’ait pas voulu garder la couronne pour lui. Richer de Reims auteur de « Quatre livres d’Histoire », chronique écrite entre 991 et 998 sur les derniers carolingiens, évoque son père qui : « a commis un grand crime en régnant, puisque vivait encore celui qui seul avait le droit de régner et que vivant, il a été enfermé en prison. » et que sa mort serait la punition de Dieu qui ne l’a pas accepté.

Quoi qu’il en soit, Louis est sacré à Laon le 19 juin 936, et on ne tardera pas à comprendre les raisons d’Hugues le Grand.

Le règne de Louis ne sera qu’un long combat contre Hugues, Dux Francorum, duc des Francs, titre que, sauf faute grave, Louis ne peut retirer à son bénéficiaire, et qui détient réellement le pouvoir, le roi ne disposant que des maigres revenus de quelques terres.

Durant l’été 945, Hugues le Grand ira jusqu’à faire enlever le roi, tombé dans une embuscade près de Bayeux, et exigera la ville de Laon contre sa libération.

Il faudra attendre 950 pour que le roi exerce une autorité réelle au nord de la Loire. Mais le pouvoir monarchique reste très affaibli.

Louis meurt suite une chute de cheval à la fin de l’été 954.  

Lothaire (941-986)

Louis meurt suite une chute de cheval à la fin de l’été 954.  

Son fils aîné, Lothaire lui succède après avoir écarté son frère cadet, Charles. C’est la première fois que la tradition franque du partage de l’héritage n’est pas appliquée, même si le principe de primogéniture n’est pas encore en vigueur.

Lothaire est placé, tout d’abord, sous la tutelle d’Hugues le Grand mais il veut régner seul et se libérer de cette tutelle et asseoir son autorité sur ses vassaux.

C’est alors plus de trente-et-un an de règne qui commencent pour ce jeune roi de treize ans. Un règne marqué par une guerre contre Otton Deux, empereur du Saint-Empire. En août 978, Lothaire s’empare d’Aix-la-Chapelle, puis c’est Otton, accompagné par Charles, le propre frère du roi, qui envahit la France en octobre 978 et qui sont battus par l’ost royale.

C’est presque un triomphe national et le prestige « du grand roi Lothaire, dans sa vingt-sixième année, celle où il attaqua le Saxon et mit en fuite l’empereur » en sort grandi. Les chroniques font de lui des éloges,

Lothaire, qui veut déjouer les ambitions affichées de son frère, associe son fils louis à la royauté et le fait sacrer. Pratique nouvelle dans le royaume des Francs qui sera reprise par les Capétiens.

Sur les conseils d’Emma, son épouse, Lothaire marie son fils à Adélaïde d’Anjou, dans le but de rétablir la présence royale dans le sud du royaume franc.

A partir de 983, année de la mort d’Otton Deux, Lothaire tente de s’emparer de la Lotharingie, mais Hugues Capet et l’archevêque de Reims, qui jouent un double jeu font échouer de projet.  

Au début de 986, Lothaire envisage d’attaquer Cambrai, ville dépendant de l’archevêché de Reims, mais il meurt subitement à Laon, le deux mars de cette même année.

Lothaire (vue d'artiste) (statue du XIIe siècle, musée Saint-Rémi, Reims)

Louis Cinq (967-987)

Lorsque Louis V monte sur le trône, la monarchie carolingienne est puissante en dépit des problèmes créés par Hugues Capet. Louis, qui a été associé au trône, est prêt à prendre sa succession, ce qu’il fait sans tarder.

Il convoque une assemblée de Francs à Compiègne afin de juger l’archevêque de Reims, Adalbéron, qui a soutenu Otton Deux contre Lothaire. Mais, la veille de la réunion, le 22 mai 987, après à peine plus de quatorze mois de règne, il meurt d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse dans la forêt d’Halatte, près de Senlis.

Il n’a pas d’héritier et cette même assemblée élit Hugues Capet qui est sacré dans la cathédrale de Noyon par le traitre Adalbéron.  

S’en est fini de la dynastie des carolingiens qui s’éteint, faut d’héritier, comme celle des mérovingiens. Mais surtout, après un affaiblissement de l’autorité royale. Les Grands exercent le pouvoir réel, ce qui préfigure ce que connaîtront les Bourbon et qui mènera la monarchie à sa chute.

Louis Cinq (enluminure du XIVe siècle)

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